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Fin du chauffage au gaz et au fioul : ce qui va changer pour vous

Publié le 9 mars 2021

Le chauffage au gaz et au fioul a fait long feu. Pour le gouvernement, le moment est venu pour que des solutions plus écologiques prennent le relais. Objectif : que nos logements deviennent neutres en carbone et que la France redevienne auto-suffisante en énergie grâce au retrait progressif des énergies fossiles. Concrètement, voilà ce que la fin du chauffage au gaz signifie pour les français concernés.

Une nouvelle réglementation pour les logements neufs

La nouvelle réglementation environnementale, la RE2020, s’applique aux constructions neuves. Elle implique que dès l’été 2021, la plupart des nouveaux bâtiments ne pourront plus installer de chauffage au gaz ni au fioul.

En réalité, la RE2020 n’impose pas la fin, au sens strict, des chaudières au gaz. Elle fixe surtout des seuils d’émissions de CO2 par mètres carré très bas. Un seuil si bas, que l’utilisation de gaz , très émetteur de CO2, devienne presque impossible à envisager.

Des seuils d’émission de CO2 abaissés au minimum

Pour les maisons individuelles, le seuil d’émission a été fixé à 4 kilos de gaz carbonique par mètre carré.

Pour l’habitat collectif, un premier palier de 14 kilos de gaz carbonique par m2 a été fixé pour 2021. Ensuite, il baissera à 6 kilos à l’horizon 2024. Le premier seuil de 14 kg de CO2 par m² autorise les installations de chauffage au gaz à condition que l’isolation du bâtiment soit suffisamment performant.

Cette contrainte devrait diviser par 10 les émissions de gaz à effet de serre pour les logements neufs dont on estime qu’ils représenteront un quart du parc immobilier d’ici à 2040.

Une maison de 100 m2 chauffée au gaz émet environ 5 tonnes de CO2 par an. Elle n’en produira plus que 500 kilos dès 2021.

Aujourd’hui, environ 20% des maisons neuves et 75% des logements collectifs neufs utilisent le chauffage au gaz.

Attention : ce dispositif ne s’applique donc pas aux travaux de rénovation.

Quelles alternatives au gaz ou au fioul ?

Cette réglementation n’exclue pas l’utilisation de gaz dans le mix énergétique des français. Le gaz pourra être utilisé en appoint dans le cadre de système hybrides.

Par exemple, une pompe à chaleur permet de chauffer une logement la plupart du temps. Quand les températures deviennent très rigoureuses, de façon ponctuelle, le chauffage d’appoint au gaz prend alors le relais.

Le gaz peut aussi être vertueux si il est issu de la biomasse donc d’une source renouvelable.

Les principales alternatives au gaz sont :

  • la biomasse : chaudière bois avec des bûches ou des granulés
  • les échanges thermiques avec une pompe à chaleur géothermiques plus performantes.
  • l’énergie solaire avec un système solaire combiné assurant à la fois le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire.

Interdiction des chaudières au fioul

A partir de janvier 2022, il sera strictement interdit d’installer des chaudières au fioul dans des logements neufs. L’objectif est de remplacer d’ici 2028 la quasi-totalité des chaudières par des solutions plus écologiques. Des exceptions sont envisagées en l’absence d’alternatives probantes.

Il s’agit d’une des mesures proposées par le Conseil de défense écologique. Il sera aussi impossible de remplacer une chaudière existante par ce type de chauffage.

Inconvénients et risques de la fin du chauffage au gaz

L’utilisation massive de pompes à chaleur en remplacement des chaudières au gaz et au fioul risque d’inciter les français à les utiliser aussi pour se rafraîchir en été, surtout pendant les épisodes de canicules, annoncée plus nombreux. In fine, la consommation électrique risque donc d’augmenter en été de même que les rejets de CO2.

Il existe aussi le risque d’un “effet joule”, avec l’utilisation massive de convecteurs électriques. Ces “grilles-pains” sont très peu chers à l’achat et faciles à installer mais leur consommation électrique est très élevée pour un rendement médiocre.

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