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C’est prouvé : augmenter la température d’une pièce de 1% permet d’améliorer la performance d’une femme de 2% alors que celle des hommes va diminuer. Tel est le résultat d’une étude scientifique publiée en mai 2019 et qui démontre que les capacités cognitives des hommes et des femmes différent selon la température ambiante. Voilà peut-être une raison qui explique que certains ont toujours froid alors que d’autres sont en ébullition. La paix des ménages n’est semble t’il pas prévue par la biologie humaine.

D’une manière générale, nous ne sommes pas tous égaux face aux différentes températures. Mais d’où viennent ces différences ? Pourquoi les femmes sont-elles considérées comme frileuses comparées aux hommes ? La maxime selon laquelle les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus pourrait prendre un nouveau sens.

Confort thermique : 22° chez l’homme, 25° chez la femme

Le confort thermique est la température à laquelle l’organisme n’a pas besoin d’un effort particulier pour s’adapter à la température ambiante. Cette notion existe chez toutes les espèces, animales et végétales, et chaque être vivant dispose d’un ou plusieurs systèmes de régulation thermique.

Chez l’homme, ainsi que chez tous les animaux dits “à sang chaud”, l’organisme conserve une température constante moyenne de 37°C. On parle alors d’organisme homéotherme, puisque leur température interne est statique. A l’inverse, certains organismes tels que ceux des serpents, voient leur température varier de manière importante selon leur environnement et leurs besoins.

Chez l’être humain, le confort thermique est atteint lorsque la température ambiante est de 24 degrés. Avec une nuance cependant : les hommes trouveraient leur confort autour de 22 degrés, contre 25° pour les femmes. Mais d’où vient cette différence ? Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer.

Le métabolisme : une différence de genre

Tout est question de métabolisme, c’est à dire de l’énergie utilisée par l’être humain pour assurer l’ensemble de ses fonctions vitales.

Le métabolisme féminin traite les lipides et glucides différemment. Chez l’homme, lipides et glucides sont stockées dans les muscles et rapidement utilisées comme source d’énergie. Chez la femme, elles constituent un stock en prévision d’une grossesse et de l’allaitement.

Cette différence de répartition des graisses et de leur fonctionnement explique pourquoi le jeûne est bénéfique à l’homme, qui puise directement dans ses réserves, et au contraire impacte négativement la femme dont le corps se met en alerte et stocke d’autant plus les calories apportées par les repas suivants. Le fameux effet yo-yo !

L’organisme des femmes dépense moins de calories pour lutter contre le chaud ou le froid. En été, cela se traduit par le fait qu’elles transpirent moins que les hommes, et en hiver qu’elles se couvrent davantage qu’eux. Les dépenses énergétiques permettant la régulation de la température corporelle chez l’homme étant plus fréquentes et nombreuses, celui-ci supporte donc mieux le froid.

Quelle température idéale pour faire du sport ?

Une étude réalisée sur six marathons différents entre 2001 et 2010 en France et aux Etats-Unis confirme que le froid serait gage de réussite. Elle rapporte que les cents premiers coureurs auraient réalisés leurs meilleurs temps par une température extérieure de 3 degrés, contre 6 degrés pour les coureurs moyens ! Une température qui convient donc aux sportifs de longue date : ne vous avisez pas d’aborder la course à pied par un tel froid, votre organisme subirait une agression importante. Notez toutefois que cette température extérieure idéale pour un marathon est cependant assez froide.

La chaleur fatigue l’organisme puisqu’elle requiert un apport sanguin plus important vers les cellules de la peau, et ralentit ainsi la propagation du sang vers d’autres organes tels que le coeur, le système digestif et les muscles. Ce phénomène explique la sensation de fatigue ressentie par tous en cas de forte chaleur.

La climatisation favorise l’attention et la réflexion

La chaleur impacte également le cerveau et contrairement aux idées reçues, ce phénomène ne touche pas seulement les personnes âgées. Les jeunes ne sont pas épargnés, comme l’a démontré une étude effectuée en 2016 par des chercheurs d’Harvard pendant une vague de canicule.

Sur un échantillon de 44 étudiants, ceux bénéficiant d’une climatisation dans leur chambre, et dormant à une température de 21,5 degrés, étaient en moyenne 13 % plus efficaces en terme d’attention, de mémoire et de rapidité d’exécution d’exercices simples. Cette même étude indique également que les fonctions cognitives commenceraient à décliner à partir d’une température ambiante de 26 degrés, qui était également la température moyenne des dortoirs non munis d’air conditionné.

Nos performances physiques et mentales déclineraient donc en cas de forte chaleur, et dormir sans climatisation ne serait donc pas sans conséquence. Dans l’ensemble, la température idéale pour dormir est estimée à 18 degrés, ce qui est difficile à atteindre notamment en été. Des informations précieuses mais qui amènent à un paradoxe, dans un monde où la question énergétique est une préoccupation croissante.