Sélectionner une page
Voilà comment on climatisait dans le désert il y a 2400 ans
5 (100%) 3 votes

Les ingénieurs de l’antiquité n’ont pas attendu l’invention des climatiseurs et des réfrigérateurs pour déguster une bonne glace en plein été dans une maison agréablement refroidie. En 400 avant JC, les Perses maitrisaient déjà une technique de stockage de la glace en plein désert et en plein été.

Une glacière géante en plein désert

Pour conserver de la glace sur une longue période, même par 50°C, les Perses (l’actuelle Iran) utilisaient une structure étonnante en forme de ruche géante appelée Yakhchal. La glace y était acheminée en hiver depuis les montagnes. Un phénomène de refroidissement par évaporation bien connu aujourd’hui permettait de conserver des aliments au frais et d’élaborer le faloodeh, le yaourt glacé Perse traditionnel dont raffolaient les édiles.

Le Yakhchal est un dôme massif constitué de brique élaborées avec un mélange d’argile, de sable, blanc d’oeufs, laine de mouton et cendre pour un résultat de 2 mètres d’épaisseur. Ce dôme pouvait culminer à plus de 18 mètres de hauteur. Capacité de stockage : 5000 m3 dont une bonne partie était creusée sous le niveau du sol pour rechercher encore plus de fraicheur.

Le principe du refroidissement adiabatique (par évaporation) est basé sur le fait que l’évaporation d’un liquide absorbe bien plus de chaleur que la quantité requise pour faire augmenter sa température de quelques degrés.

L’air chaud s’engouffrait par des orifices situés à la base du Yakhchal. Moins dense, il montait au sommet de l’édifice créant une dépression à l’intérieur du Yakschal et une évaporation d’eau contenue dans un réservoir situé au centre du dôme. La chaleur contenue dans l’air est alors absorbée par l’évaporation d’eau. Ce changement d’état liquide-vapeur provoque simultanément le refroidissement de l’air et de l’eau encore liquide.

Une climatisation naturelle pour les habitations

Pour plus d’efficacité, le Yakhchal était souvent associé à un Bâdgîr, tour géante ayant pour mission de capter les souffles d’air. Ce dispositif était aussi adossé à des habitations en vue de les rafraichir.

Les Iraniens furent sans doute les premiers créateurs du Bâdgîr. Ces tours très hautes étaient construites en forme de polygone. La hauteur de la colonne devait être supérieure à celle des autres éléments du toit. Elle était construite juste au-dessus d’un bassin. Celui-ci se refroidissait suivant le même principe du refroidissement par évaporation directe.

Chaque fois qu’un souffle de vent passe à travers le sommet du capteur de vent, la différence de hauteur crée une différence de pression entre la base et le sommet de la colonne interne du Bâdgîr. La différence de pression aide l’air chaud à remonter vers le sommet, aspirant l’évaporation de l’eau du bassin et provoquant une baisse de température de plus de 12°C même en plein été.

Crédit photo : Wikipedia